Stop à la dégradation de la condition ouvrière !
La presse a relayé le suicide, sur son lieu de travail, d'un ouvrier de PSA-Citroën de Mulhouse. C'est le sixième cas connu de suicide dans la chaîne PSA, lié vraisemblablement aux conditions de travail, et le cinquième dans cette usine, et pour cette seule année.
Cette tragédie, qui est loin d'être un cas isolé, révéle la dégradation de la condition ouvrière, sous la pression de l'encadrement, des mauvaises conditions de travail, de la hausse de l'exploitation capitaliste et des cadences, de la crainte de l'avenir.
Les dispositifs de mise en concurrence des salariés entre eux jouent aussi un rôle décisif dans cette dégradation. Les projets de Sarkozy et de son gouvernement en matière d'heures supplémentaires, de durée du travail, de limitation du droit de grève ne peuvent qu'accentuer cette oppression.
La direction de PSA, qui annonce plans de licenciement sur plans de licenciement, prétend répondre à l'urgence par des dispositifs de soutien psychologique.
Ce dont ont besoin les ouvriers pour briser le dispositif de surexploitation, ce n'est pas de bonnes intentions, mais de la satisfaction de leurs revendications, exprimées notamment par les dernières grèves dans le secteur : salaire minimum à 1500 euros net, augmentation uniforme des salaires de 300 euros, fin des restructurations et des licenciements, liquidation de l'emploi précaire et intérimaire par l'embauche en CDI de tous et toutes.
Plus fondamentalement, seul le contrôle ouvrier sur la production et les conditions de travail et la réorganisation socialiste de l'économie peuvent transformer les rapports de travail et la production dans le sens des besoins ouvriers et populaires.
Et c'est seulement de puissantes mobilisations révolutionnaires, s'affrontant avec le patronat et le gouvernement à sa botte, qui pourront réaliser de tels objectifs.
Mais le mouvement ouvrier a toujours cherché à niveler par le haut, à tous les travailleurs, les retraites. Pour que les cheminots, les travailleurs des transports et tous les bénéficiaires ouvriers de régimes spéciaux ne soient pas isolés, il faut reprendre cette revendication : 37,5 annuitées de travail, pour tous!
La volonté des gouvernements bourgeois a toujours été de rogner nos retraites, de les aligner vers le bas, de faire disparaître les régimes spéciaux qui sont la matérialisation de cette aspiration populaire et ouvrière : la réduction du nombre d'années travaillées pour bénéficier d'une retraite à taux plein. En ligne de mire, c'est la retraite de tous les salariés, du public et du privé, qui est visée. Aujourd'hui, les capitalistes aimeraient, pour maintenir leur taux de profit, nous voir employables, taillables et corvéables jusqu'à 70 ans et plus. Disons stop!
Nous agirons pour que les capitalistes et leur gouvernement perdent cette épreuve de force. Aucun « dialogue social » n'est possible sur de tels projets : plutôt que de se rendre aux tables rondes en préparation, les instances syndicales devraient les boycotter et préparer la grève générale ! Mais les travailleurs doivent compter sur leurs propres forces, et s'organiser sans attendre, unitairement, de la base au sommet. Le seul régime spécial de retraite auquel il faut s'attaquer, c'est celui des parlementaires et de la classe politique, et celui des capitalistes!
Pour repousser cette attaque comme les autres - notamment les attaques contre le droit de grève, le contrat de travail, l'éducation publique, les immigrés, etc. -, il faut préparer la convergence de tous les travailleurs, de la jeunesse et de tous les opprimés contre le pouvoir, pour renverser Sarkozy, Fillon et leur majorité. C'est en menaçant le pouvoir des bourgeois que nous pourrons briser leur offensive, imposer nos revendications et créer les conditions de la révolution sociale!
Faire du 18 octobre une étape vers la grève générale !
- Maintien intégral des régimes spéciaux de retraite, 37,5 annuitées pour tous !
- Ni application, ni concertation : abrogation de la loi anti-grève !
- Pas touche au statut de la fonction publique et au service public ! Maintien des postes !
- Pas touche à l'université publique : retrait de la loi Pécresse !
- 300 euros nets pour tous, indexation des salaires sur les prix, et des retraites sur les salaires !
Pour obtenir satisfaction sur ces revendications élémentaires, il faut s'unir autour de l'objectif de défaire Sarkozy et son gouvernement, par l'arme de la grève générale. Si les directions syndicales veulent véritablement servir les travailleurs, qu'elles rompent toute concertation avec le pouvoir sur ses plans et fixent cet objectif ! En particulier, que les fédérations de la SNCF appellent nationalement, au soir du 18, à la grève jusqu'à satisfaction. Sans attendre, sur nos lieux de travail et d'étude, organisons AG et comités de lutte unitaires pour s'y préparer.
UPC soutiendra tous les secteurs, en particulier les cheminots, qui décideront éventuellement de reconduire la grève le 19. En même temps, il faut être vigilant au rapport de force effectif, à ne pas laisser les secteurs les plus combatifs isolés, à savoir frapper au bon moment. L'objectif numéro un, aujourd'hui, c'est l'organisation à la base en vu de la centralisation des organes autonomes de lutte de la classe ouvrière et des masses populaires.
11h30 Place Bellecour ( Lyon )
Nous transmettons ce communiqué de 7 sections syndicales CGT de la RATP, qui défendent le syndicalisme de classe contre les capitulations des directions syndicales CGT.
Lettre ouverte aux directions syndicales de la CGT-Bus, de l'Union CGT-RATP, de la Fédération des Transports CGT, de la Confédération CGT,vendredi 7 décembre 2007
La CGT doit sortir du piège des négociations!
Nous n'appelons pas à la grève du 12 décembre.
Sections CGT des dépôts de bus RATP de Croix-Nivert, Point-du-Jour, Flandre, Saint-Maur, Thiais, Charlebourg, Bords de Marne
Les agents de la RATP ont fait dix jours de grève sur un objectif clair : refuser la casse de leur régime de retraite voulue par le gouvernement. Précisément contre quatre points fondamentaux, tous inacceptables :
* La remise en cause des 37,5 annuités de durée de cotisation
* l'instauration d'une décote
* l'instauration d'un double statut et la remise en cause de la prise en compte de la pénibilité et des contraintes de service public
* l'indexation des pensions sur les prix et non plus sur les salaires.
Cette position est celle qui a été actée par notre syndicat CGT-Bus à son congrès le 16 octobre. Elle a été réaffirmée par l'Union syndicale CGT-RATP le 24 octobre lors de sa rencontre avec X.Bertrand.Elle reste plus que jamais la nôtre.
Suite à l'acceptation par les organisations syndicales de participer aux négociations, la grève a été suspendue à partir du 23 novembre. Nous rappelons que la CE de notre syndicat avait rejeté le principe des négociations « tripartites », entreprise par entreprise.
Le haut niveau de conscience des enjeux, le rapport de forces et la détermination des salariés à s'opposer à la « réforme » sont demeurés intacts. Les grévistes dans les assemblées générales, en premier lieu les militants et les syndiqués CGT, n'ont pas donné de mandat à leurs directions syndicales pour négocier sous les conditions du gouvernement.
Au bout de quatre journées de négociations un constat s'impose : le gouvernement et la direction de l'entreprise refusent de modifier le cadre de leur contre-réforme. Les représentants de la CGT le reconnaissent eux-mêmes.
Il est aujourd'hui de la responsabilité de la CGT et de toutes ses organisations de déjouer le piège des « négociations ». C'est pourquoi nous désapprouvons totalement la stratégie des directions à qui s'adresse cette lettre.
* Continuer à négocier des points annexes, revient à entériner cette contre-réforme, à accepter la mise à mort de notre régime spécial.
* Appeler à reprendre la grève, sur une seule journée, le 12 décembre pour « faire pression » sur les détails et les modalités de la casse de nos retraites, c'est irresponsable devant les agents.C'est aller complètement à l'encontre de ce pourquoi nous avons fait grève pendant dix jours. Sur cette base, nous rejetons le texte du préavis de grève, d'autant plus que la CE de notre syndicat, organe dirigeant statutaire, n'a même été consultée.
Depuis le départ, les positionnements des directions syndicales de bus, de l'Union, de la fédération et de la confédération ont suscité du désarroi et de la colère parmi les syndiqués et les salariés en général, notamment depuis la proposition de la tenue de « négociations tripartites ».
Comment ne pas voir le calcul de Sarkozy pour diviser le mouvement entreprise par entreprise ? Depuis quand la négociation est-elle devenue une revendication en soi ?
Les syndiqués, les agents ont le sentiment d'avoir été trahis.
Il est temps de corriger le tir ! La situation nous l'impose. La CGT, syndicat largement majoritaire, avec tout ce qu'elle représente dans nos entreprises, a un rôle majeur, historique à jouer contre une attaque historique contre nos services publics, contre l'ensemble des acquis sociaux des salariés de notre pays.
Nous savons tous quel est le but du gouvernement. La fin de notre régime spécial vise à faire sauter un verrou à la mise en concurrence et à la privatisation, à lever un obstacle à la suite du démantèlement de l'ensemble du système de retraite solidaire par répartition.
Le 18 octobre, les agents de la RATP à 70%, ceux de la SNCF à 80%, ceux d'EDF-GDF à 60% ont fait grève pour s'y opposer. Le 20 novembre, la manifestation interprofessionnelle a montré le développement des convergences de lutte avec des salariés d'autres secteurs comme avec les étudiants. Malgré une pression médiatique sans précédent, le pouvoir n'a pas réussi non plus à retourner l'opinion publique contre le mouvement.
Nous demandons aux directions à laquelle s'adresse cette lettre :
* de quitter les pseudo négociations
* d'examiner les conditions de la reprise du mouvement pour faire capoter le projet de casse de notre régime de retraite.
* de faire le lien déterminant entre cette lutte cruciale et celles des salariés des autres secteurs.
Nous nous engageons pour notre part à informer les syndiqués de notre démarche, à informer l'ensemble des salariés de nos dépôts de l'évolution de la lutte, à maintenir et développer le rapport de forces. La CGT appartient à ses adhérents !
Avec le recul de la réglementation des licenciements, le CDI et les autres contrats sont vidés de tout contenu protecteur, ce qui abouti à la création d'un CPE universel, dans la perspective d'une fléxibilité sans limite des salariés, soumis à la seule perspective d'alterner période d'emploi précaire, période de chômage, et période de formation, pour s'adapter à toutes les exigences immédiates du Capital.
Cette régression majeure est justifiée par les capitalistes et leurs politiciens par la nécessité de s'adapter aux réalités structurelles du capitalisme actuel et de sa compétition internationale : nous répondons que nous n'avons que faire des critères capitalistes, et que si ce mode de production est incapable de répondre aux besoins les plus basiques des salariés, cela prouve seulement qu'il faut le remplacer par un autre système économique et social.
Inversement, des organisations syndicales réellement à notre service refuseraient unanimenent cet accord et prépareraient une mobilisation générale pour mettre en échec les plans du gouvernement, pas pour obtenir quelques amendements pour les aménager et négocier les reculs.
Les conditions de vie générales de la population vont connaître une dégradation sensible en cette année 2008, sous le coup des attaques contre les droits des travailleurs, le salaire socialisé (retraite, sécurité sociale), et l'ensemble des services publics, et de l'inflation galopante des prix.
La seule manière d'y mettre un coup d'arrêt est de construire un front uni syndical et politique des travailleurs et des classes populaires et leur auto-organisation, autour d'un plan de mobilisation qui fixe comme objectif d'affronter et de défaire Sarkozy et son gouvernement, sans avoir peur d'établir à la place un nouveau pouvoir, révolutionnaire, en vue de prendre les mesures anticapitalistes nécessaires pour répondre aux besoins.
pour Jean-Marc Rouillan !
ADDITIF
Nous sommes disponibles, à la hauteur de nos moyens, pour participer à une mobilisation pour sa libération, et appelons les adhérents du NPA et la direction de la LCR à ne pas céder au chantage de Christian Piquet et Clémentine Autain, notamment, qui veulent expulser Rouillan de celui-ci et exploitent honteusement cette affaire de maniére tacticienne et sans principes, faisant le jeu du gouvernement. Céder serait une capitulation politique importante.
Pour nous, « Action Directe » fut une expérience désastreuse et contre-productive pour le mouvement révolutionnaire, une expérience fondée sur une ligne stratégique erronée et suicidaire.
Mais nous partageons avec Rouillan l'objectif fondamental du communisme, de la révolution socialiste, et nous affirmons avec lui que « la lutte armée est nécessaire à un moment donné du processus révolutionnaire », comme il l'a dit dans son entretien à l'Express. Dans le fond, c'est cette affirmation qui lui est reproché.
Rouillan a fait le choix d'adhérer au processus constituant du Nouveau Parti Anticapitaliste. C'est son droit fondamental que de se choisir une organisation, qui prétend vouloir rassembler, notamment, les différents courants et militants révolutionnaires.
Pourtant, la direction de la LCR, parce qu'elle a fait le choix du réformisme et de l'opportunisme, et alors même que Rouillan se retrouve aujourd'hui dans une situation si difficile, semble décidée, aprés lui avoir ouvert les portes, à remettre en cause le droit pour Rouillan à adhérer au nouveau parti. Dans un communiqué, elle affirme que « Rouillan avait sa place au NPA dans la mesure où il renonçait à ses actions passées ». Krivine va jusqu'à mentir en prétendant que la LCR a « toujours condamné la lutte armée ».
La LCR céde ainsi, pour l'heure, à la pression de toute la classe politique bourgeoise, de droite comme de gauche, de l'UMP à Christian Piquet, en passant par François Hollande et Clémentine Autain, qui ont lancé à Besancenot l'ultimatum d'expulser Rouillan pour devenir « respectable ». Est ainsi confirmée la dérive droitiére, sans principes, de la direction de la LCR, au mépris des meilleures traditions de sa propre organisation.
C'est la revendication, même implicite, de la nécessité pourtant inéluctable de l'affrontement révolutionnaire avec l'Etat, que tous ceux qui s'attaquent aujourd'hui à Rouillan veulent effacer du paysage politique, au profit d'un consensus légaliste-républicain allant de la droite à la « gauche de la gauche ». Et tandis que les bourgeois pilotent l'opération, certains s'y associent par lâcheté politique, en tirant sur une cible facile.
Soutenir sans condition Rouillan, exiger sa libération immédiate et son droit à faire de la politique dans l'organisation de son choix, dénoncer les capitulations politiques de la direction de la LCR, c'est adopter la démarche inverse. C'est lutter contre ce consensus bourgeois, contre l'opportunisme et la social-démocratie qui laissent aujourd'hui Rouillan seul face à ses geôliers, comme ils laisseront demain les travailleurs désarmés face à la répression si les révolutionnaires ne font pas bloc, dans et hors du NPA, pour imposer une autre politique pour le mouvement ouvrier !
Pour nous, ralentir le traffic des TGV n'a rigoureusement aucun intérêt du point de vue des exploités. Nous ne savons absolument rien des motivations de ceux qui ont « saboté », il y a un mois déjà, des caténaires de la SNCF – et elles nous importent peu.
Nous constatons, par contre, que cette histoire, qui n'a rien d'originale ni d'exceptionnelle, a été le prétexte d'une véritable campagne d'union nationale de la part du gouvernement. L'épouvantable ennemi est désigné : c'est l'« ultra-gauche anarcho-autonome ». Il s'agirait d'une bande de jeunes nihilistes, dont l'unique objectif est de détruire la société, faisant courir de graves dangers aux braves gens.
On invite la population à croire sur parole la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI). Cette derniére a désigné comme coupables, neuf membres d'une communauté rurale située à Tarnac, en Corrèze. La mise en avant d'éléments aussi accablants que la possession d'horaires de trains et d'un livre sur l'insurrection qui vient semble confirmer que les autorités n'ont pas le début d'une preuve pertinente contre ces personnes.
Elles sont soumises à une procédure anti-terroriste, pour des faits qui ne relévent pourtant en rien de la mise en danger de la vie d'autrui – selon les dires mêmes de la police, qui n'a pas peur des contradictions.
Au lieu de dénoncer ce scandale, la plupart des journalistes confirment leur servilité à l'égard du pouvoir et leur ignorance crasse. Non contents d'accabler les inculpés, pourtant soutenus par la population et les élus de leur village, ils accumulent les bêtises sur l' « ultra-gauche », l'autonomie, l'anarchisme.
En ces périodes de crise du capitalisme, c'est une nécessité pour les bourgeois de désigner un ennemi intérieur. Mais, ce dont ils ont peur, ce n'est pas de l'illégalisme marginal de quelques centaines de jeunes révoltés, c'est d'une explosion généralisée des classes populaires qui enverraient Sarkozy et ses sbires dans les poubelles de l'histoire. Ils veulent détourner l'attention de la crise capitaliste qui pousse vers la misére la majorité de la population.
UPC se solidarise avec le comité de soutien constitué à Tarnac, et participera à toutes les initiatives visant à arracher la libération des inculpés. Les syndicats, associations et organisations politiques des travailleurs devraient faire de même. Des luttes défensives d'aujourd'hui à la prise du pouvoir par les exploités de demain, c'est la mobilisation révolutionnaire de millions d'hommes et de femmes qui brisera les dispositifs liberticides et les lois « anti-terroristes », armes des possédants contre le peuple travailleur ; pas quelques sabotages déconnectés de la lutte de classe concrète.

