Liberté pour les inculpés de Tarnac !

Publié le par Union pour le communisme

Pour nous, ralentir le traffic des TGV n'a rigoureusement aucun intérêt du point de vue des exploités. Nous ne savons absolument rien des motivations de ceux qui ont « saboté », il y a un mois déjà, des caténaires de la SNCF – et elles nous importent peu.


Nous constatons, par contre, que cette histoire, qui n'a rien d'originale ni d'exceptionnelle, a été le prétexte d'une véritable campagne d'union nationale de la part du gouvernement. L'épouvantable ennemi est désigné : c'est l'« ultra-gauche anarcho-autonome ». Il s'agirait d'une bande de jeunes nihilistes, dont l'unique objectif est de détruire la société, faisant courir de graves dangers aux braves gens.


On invite la population à croire sur parole la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI). Cette derniére a désigné comme coupables, neuf membres d'une communauté rurale située à Tarnac, en Corrèze. La mise en avant d'éléments aussi accablants que la possession d'horaires de trains et d'un livre sur l'insurrection qui vient semble confirmer que les autorités n'ont pas le début d'une preuve pertinente contre ces personnes.


Elles sont soumises à une procédure anti-terroriste, pour des faits qui ne relévent pourtant en rien de la mise en danger de la vie d'autrui – selon les dires mêmes de la police, qui n'a pas peur des contradictions.


Au lieu de dénoncer ce scandale, la plupart des journalistes confirment leur servilité à l'égard du pouvoir et leur ignorance crasse. Non contents d'accabler les inculpés, pourtant soutenus par la population et les élus de leur village, ils accumulent les bêtises sur l' « ultra-gauche », l'autonomie, l'anarchisme.


En ces périodes de crise du capitalisme, c'est une nécessité pour les bourgeois de désigner un ennemi intérieur. Mais, ce dont ils ont peur, ce n'est pas de l'illégalisme marginal de quelques centaines de jeunes révoltés, c'est d'une explosion généralisée des classes populaires qui enverraient Sarkozy et ses sbires dans les poubelles de l'histoire. Ils veulent détourner l'attention de la crise capitaliste qui pousse vers la misére la majorité de la population.


UPC se solidarise avec le comité de soutien constitué à Tarnac, et participera à toutes les initiatives visant à arracher la libération des inculpés. Les syndicats, associations et organisations politiques des travailleurs devraient faire de même. Des luttes défensives d'aujourd'hui à la prise du pouvoir par les exploités de demain, c'est la mobilisation révolutionnaire de millions d'hommes et de femmes qui brisera les dispositifs liberticides et les lois « anti-terroristes », armes des possédants contre le peuple travailleur ; pas quelques sabotages déconnectés de la lutte de classe concrète.

Publié dans Actualité France

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